Qui est THE GUY demande subtilement le titre un peu abstrait du site
internet en question ? Le guitariste Chris Shreiner serait-on tenté de
répondre de façon un poil prosaïque puisque se cache derrière ce
pseudonyme un nouvel exemple de virtuosité diplomée du prestigieux
Berklee College of Music (comme John Pterucci, John Myung ou Derek
Sherinian). Il y a pire curriculum vitae. Pour autant, la compétence
technique ne suffit pas toujours à rendre les choses intéressantes ou
tout au moins écoutables. Au jeu, savant, des sept familles, on dira
que cet album lorgne du côté ERIC JOHNSON et du JOE SATRIANI jazzy
cool. Si l’on glisse sur « Intro », aux harmoniques d’ambiance, «
Icarus » et « An Interlude in Bleú » envisagent un groove assez inspiré
qui décollent véritablement sur « Zebra Club » et son final débridé à
la wah-wah, puis « Youngblood » qui tempête sans fioritures un rock qui
semble chercher la qualité des notes jouées plutôt que leur nombre. Le
défie d’équilibre entre virtuosité et musicalité des ces instrumentales
jamais hurlantes porte chaque titre dans un écrin fragile, où les
pirouettes ne sont pas absentes (« Syeeda’s Song Flute » où la basse
dodue fait place nette à une rythmique qui décroise les orteils), avec
un lyrisme omniprésent qui balance parfois dans un blues romantique
délicat (« Her Hypnotic Heart »). Selon l’auteur, ce disque reflète
l’esprit qui l’anime. Bien produit, bien secondé par un solide trio
base-batterie-claviers, on y verra surtout les angles prometteurs d’un
instrumentiste qui s’avance avec modestie sur les pas glorieux des
ainés cités plus haut.
Read Full Article